Ce dont il est vraiment question
Oublions, un instant, la question de savoir si ce que j’ai fait était juste. Oublions la question de savoir si l’utilisation du FSD était légale. Là n’est pas le sujet.
Ce qui compte, c’est ceci : Tesla n’a pas apprécié que je modifie une voiture qui m’appartient entièrement — alors elle a tendu la main et en a bloqué une partie à distance. Pas seulement la fonction que certains supposent illégale (elle ne l’est pas, sur les routes privées) — mais des fonctions de sécurité parfaitement légales livrées d’origine avec la voiture, faisant partie du pack même à 6 200 € + TVA que j’avais payé.
Ce n’est pas la boutique Kindle. Ce n’est pas Steam. C’est une voiture — un objet physique que j’ai acheté et qui m’appartient — vendue avec une liste de fonctions, dont chacune peut être coupée par Tesla depuis un serveur. (Demandez à quiconque se souvient de l’ancien « Pack Hiver ».) Enfreignez les conditions de Tesla et, dans les faits, la voiture repart toute seule à l’usine. Pas de remboursement. Des dizaines de milliers d’euros, envolés.
Tesla garde le silence — mais se comporte comme si je n’avais jamais acheté de voiture. Comme si je n’avais fait qu’acquérir le droit d’en utiliser une. La vraie question ne me concerne donc pas. Elle concerne tous ceux qui conduisent :
01Ce que j’ai acheté
Dans le système de commande de Tesla, le pack capacité Full Self-Driving était affiché à 6 200 € (net, hors TVA). Je l’ai payé. La capture d’écran ci-dessous correspond exactement à ce que j’ai acheté.

Cette dernière ligne a son importance. Le contrôle des feux de circulation et des panneaux stop était pour moi une véritable fonction de sécurité : il arrête automatiquement la voiture aux feux rouges et aux panneaux stop. À ce jour, l’application mobile officielle Tesla indique encore que le pack capacité Full Self-Driving est inclus avec mon véhicule.
02Elle a fonctionné — pendant des mois
Après la livraison, j’ai utilisé les fonctions annoncées du pack à travers toute l’Europe. Le contrôle des feux de circulation et des panneaux stop fonctionnait conjointement avec l’Autopilot, pleinement et de manière fiable. La voiture a roulé sans problème pendant des mois.
La voiture m’appartient entièrement — je ne la loue pas à Tesla. J’estime être en droit de modifier une voiture qui m’appartient, de la même manière que je pourrais y monter des jantes personnalisées, un kit carrosserie ou de nouvelles suspensions, sans que le constructeur ne me pénalise pour autant.
Les « modifications », dans le détail
J’ai utilisé deux appareils de diagnostic CANBUS — le « Commander » de enhauto.com et un appareil appelé « Cybertool ». Ni l’un ni l’autre ne modifie la voiture ou son logiciel. Ils se connectent uniquement au port de diagnostic CANBUS standard — la même interface que les constructeurs fournissent pour le diagnostic — et envoient des commandes que le véhicule prend déjà en charge.
Par exemple, le Commander fait passer au bleu les LED intérieures lorsque l’Autopilot est engagé. La voiture lit un signal pris en charge, envoie une commande prise en charge, et la couleur change. Si la voiture ne prenait pas en charge cette commande, rien ne se passerait. Aucun circuit imprimé modifié. Aucun composant changé. Aucune pièce d’origine altérée. Tesla déclare elle-même publiquement que le logiciel du véhicule est inaltérable par des tiers.
Le Cybertool fonctionne de la même façon. Tout comme le Commander demande à la voiture de passer ses LED intérieures au bleu, le Cybertool a envoyé à la voiture une commande qu’elle prenait déjà en charge — celle d’activer le pack Full Self-Driving dans les régions où Tesla ne l’avait pas encore activé. Il n’a rien débloqué de nouveau : il a simplement activé la fonction pour laquelle ma voiture a été conçue et que j’avais déjà payée. Soit la voiture prend en charge une commande, soit elle ne la prend pas ; la mienne la prenait, parce que le pack lui était attribué sous licence.
Il s’agit de la même catégorie d’action que le Commander désactivant le bip de marche arrière — chose que le Commander fait ouvertement, alors même que ce bip est obligatoire dans l’UE. Et pour être tout à fait juste : le Full Self-Driving n’est pas encore homologué pour la voie publique dans toutes les régions, de la même manière qu’un échappement bruyant ou des pneus slicks ne sont pas homologués pour la route. Cela ne rend pas l’équipement lui-même illégal — vous pouvez rouler en slicks et avec un échappement bruyant sur circuit. Activer une fonction pour laquelle la voiture a été conçue et payée n’est pas la même chose qu’enfreindre la loi avec : où et comment elle est utilisée relève de la responsabilité du conducteur, et non d’une décision prise par une commande de diagnostic.
Aucun système de sécurité — matériel ou logiciel — n’a été modifié de quelque manière que ce soit.
03Ce qui s’est passé
Le 8 avril à 22:27, ma voiture a reçu une mise à jour de configuration du pack à distance via Tesla Cloud Config. Dans les faits, Tesla a indiqué à distance à ma voiture que le pack à 6 200 € + TVA n’avait jamais été acheté.

Environ trois heures plus tard, à 02:00, cet e-mail est arrivé.

Il est remarquablement vague. Il ne dit pas quel appareil a été détecté, quel était le risque pour la sécurité, combien de temps les fonctions resteraient désactivées, ni même si elles reviendraient. Et l’expression me laisse perplexe : appareil tiers non autorisé — non autorisé par qui ? Chaque appareil sur ma voiture a été autorisé par son propriétaire. Moi.
04La contradiction
L’homologation du FSD s’est déployée à travers l’Europe — d’abord les Pays-Bas, puis la Lituanie, puis l’Estonie le 29 mai (où ma voiture est immatriculée), et la Belgique ensuite. Ma voiture a reçu la mise à jour 2026.17.5, qui active le nouveau système. C’était le moment où mon investissement aurait enfin dû porter ses fruits.
Au lieu de cela, la voiture me propose un bouton « S’abonner » — comme si je ne l’avais jamais acheté.

J’ai payé 6 200 € + TVA pour un pack. La voiture confirme que le pack est « Inclus ». Et cette même voiture se comporte comme s’il n’avait jamais été acheté.
05Comment la voiture sait ce qu’elle possède
Chaque Tesla est livrée avec le même logiciel et le même ensemble complet de capacités. Les fonctions individuelles sont activées ou désactivées à distance via « Tesla Cloud Config », rattaché à votre voiture précise. C’est le même mécanisme qui a un jour permis à Tesla de vendre des voitures avec le matériel pour les sièges arrière chauffants physiquement présent mais désactivé — et qui a ensuite permis aux propriétaires de payer en ligne pour les débloquer.
C’est aussi ainsi que Tesla distingue le Basic Autopilot de l’Enhanced Autopilot et du Full Self-Driving. La distinction est purement définie par logiciel. Ce qui signifie qu’une fonction que vous avez payée peut être révoquée d’un simple indicateur à distance — exactement ce qui m’est arrivé.
06La prise en charge sous garantie a été refusée
Ma voiture est sous garantie, j’ai donc contacté les centres de service Tesla de Turku, en Finlande et de Varsovie, en Pologne. Tous deux ont confirmé que la fonctionnalité ne marche pas. Tous deux ont confirmé que la voiture est sous garantie. Tous deux ont refusé la demande — affirmant qu’elle « n’est pas réparable » parce que la voiture a été désactivée intentionnellement « pour des raisons de sécurité ».
Le centre finlandais m’a dit qu’il ne pouvait pas réactiver la fonction même si l’appareil avait été retiré, parce que « vous pourriez le réinstaller ». Selon cette logique, pourquoi ne pas désactiver la fonction sur chaque Tesla — puisque n’importe quelle voiture pourrait être équipée d’un tel appareil ?

Je n’arrive à trouver aucune autre explication que celle-ci : les « raisons de sécurité » invoquées réduisent en réalité ma sécurité. Pendant huit semaines, ma voiture ne pouvait pas détecter les panneaux stop ni les feux de circulation — une fonctionnalité sur laquelle j’en étais venu à compter.
07Les questions auxquelles Tesla ne répond pas
J’ai posé ces questions à Tesla et à ses centres de service. Elles restent sans réponse. Je les ai regroupées par thème.
A Le refus de garantie
B La décision de désactiver
C Les prétendues « raisons de sécurité »
D Le rétablissement des fonctions payées
E L’indemnisation
F La politique sur les modifications et les appareils tiers
J’ai demandé une réponse écrite sous 14 jours, traitant chaque point. J’attends toujours.
08Je ne suis pas anti-Tesla
Je crois sincèrement en cette technologie. J’ai acheté deux Tesla et payé d’avance 12 400 € + TVA au total sur la promesse du FSD. Cette promesse a mis tellement de temps à se concrétiser que j’ai vendu l’une des voitures — perdant au passage la valeur du pack qui s’y trouvait.
Aujourd’hui, j’ai enfin une voiture en état de marche, avec le FSD acheté, dans un pays qui autorise le FSD. Et Tesla m’empêche délibérément d’utiliser ce que j’ai payé. Je veux simplement la fonction que j’ai achetée, une réponse à mes questions, et que cela n’arrive pas en silence à quelqu’un d’autre.
09Chronologie
- 2025Achat d’une Model Y de 2025 en tant que premier propriétaire avec la capacité FSD — 6 200 € + TVA.
- Mois après la livraisonLes fonctions FSD, notamment le contrôle des panneaux stop et des feux de circulation, fonctionnent de manière fiable à travers l’Europe.
- 8 avr. 2026 · 22:27Mise à jour Cloud Config à distance : « Votre pack Autopilot est revenu à sa configuration d’origine. » Fonctions perdues.
- 9 avr. 2026 · 02:00Tesla envoie un e-mail au sujet d’un « appareil tiers non autorisé » désactivé « pour des raisons de sécurité ».
- 8 semainesAucune autre information. L’appareil de diagnostic est retiré ; aucun appareil tiers ne demeure sur la voiture.
- 29 May 2026L’Estonie — où ma voiture est immatriculée — homologue le FSD sur la voie publique (après les Pays-Bas et la Lituanie, avant la Belgique). La mise à jour 2026.17.5 arrive.
- MaintenantLa voiture propose un bouton « S’abonner » pour un FSD qu’elle dit « Inclus ». Deux centres de service refusent la réparation sous garantie.